Accueil Historique Après l’Edit de Nantes et sa Révocation
Après l’Edit de Nantes et sa Révocation PDF Imprimer Envoyer

L’Edit de Nantes (1598) garantit la paix et une certaine liberté religieuse. Tout cela est remis en question dès l’arrivée de Louis XIII et Richelieu au pouvoir, comme on l’a vu pour l’histoire de Lavardac. La suppression commence avec le règne personnel de Louis XIV. Les droits des Protestants s’affaiblissent dès 1661. A partir de 1680, il est difficile de pratiquer le culte réformé sans désobéir à des ordres du Roi. Les cérémonies du dimanche sont surveillées par les prêtres catholiques. La destruction des temples commencée dès 1673 se multiplie dans l’Agenais. Partout en France les protestants ne peuvent exercer certains emplois ou certaines fonctions politiques. Les protestants de Nérac se voient interdire « l’accès aux consulats et conseils politiques ». Ce durcissement de la politique de Louis XIV n’entraîne ni résistance, ni révolte. Avant même la suppression de l’Edit de Nantes, le Roi impose aux Huguenots  (Protestants) de loger les troupes royales, ce qui contraint ces derniers à abjurer, à renier leur religion pour le catholicisme. Précédant de plusieurs mois la Révocation, les dragonnades (logement et nourriture des soldats) prouvent un état de fait. La religion prétendument réformée n’existe plus : les protestants se sont tous officiellement convertis sous la pression des « missionnaires bottés » de Sa Majesté. La plupart des protestants de l’Agenais préfèrent, du moins provisoirement, abandonner leur religion après avoir eu vent des méthodes brutales des « convertisseurs ». Les « nouveaux catholiques » fraîchement et bien rapidement convertis vont donc loger les troupes royales.

L’Edit de Fontainebleau révoque, supprime l’Edit de Nantes, le 17 octobre 1685.

Pas moins de six régiments arrivent en Agenais au mois d’avril 1685. La ville de Nérac doit héberger le régiment d’infanterie de Louvigny, soit seize compagnies.La population subit les dragonnades jusqu’à l’abjuration générale des Protestants. Les membres des communautés se rassemblent pour abjurer collectivement.Dès le mois de septembre 1685, sous la pression des gens de guerre, la « religion prétendue réformée » cesse d’exister en Agenais sous sa forme publique.

Conséquences de la suppression officielle du protestantisme.

  • Les temples sont fermés et transformés en églises catholiques. Les pasteurs sont chassés de France. Les protestants qui se sont convertis au catholicisme ne se plient pas aux exigences de leur nouvelle Église.
  • Les pasteurs sont exilés. Le reste du peuple protestant se voit interdire de quitter le Royaume « sous peine pour les hommes de galère, et de confiscation de corps et de biens pour les femmes ».
  • De nombreux Protestants préfèrent malgré tout l’exil.
  • Il est difficile d’évaluer le nombre de protestants qui fuient l’Agenais. Certains évoquent le nombre de 5000 qui auraient préféré quitter le royaume.
  • Les catégories les plus aisées de la population sont particulièrement touchées par cette fuite : nobles, chirurgiens, officiers et surtout marchands. Les travailleurs de la terre, en forte proportion, sont néanmoins moins nombreux à s’exiler. Comme terre d’accueil, on peut citer l’Allemagne, la Hollande, l’Angleterre, la Suisse, l’Irlande et l’Amérique.
  • En 1686, à Nérac, un bourgeois de la ville est brûlé vif pour avoir recraché l’hostie.
  • Les nouveaux convertis résistent à leur catholicisation.
  • D’autres protestants tentent de restaurer secrètement le culte réformé. Des assemblées clandestines « au désert » sont organisées.


     L’on discute encore pour savoir si la crise économique après 1685 est liée surtout à la crise religieuse ou aux guerres de Louis XIV.

La liberté de culte

Louis XIV meurt en 1715.L’Edit de 1787 vient consolider une tolérance de fait. La liberté de culte est définitivement reconnue en 1789. Il faut se souvenir du rôle du député de Nérac, Brunet de la Tuque, dans cette décision.

Mme Janine Sestacq remercie M. Thierry Hernando pour son article : Révocation de l’Edit de Nantes en Agenais , paru dans la Revue de l’ Agenais, N°1, Année 2005.

Mercredi, 01 Avril 2009 00:00
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