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Vivre à Lavardac au Moyen-Âge PDF Imprimer Envoyer

L’empire romain lentement disparaît. Les temps des invasions wisigothiques, durant le haut Moyen - Âge, montrent, qu’après les premières destructions, les sites antiques continuent à prospérer. Les gens de l’Aquitaine se mêlent aux populations germaniques.

Entre Antiquité et début du Moyen-âge

La première église de Lavardac dépend de l’abbaye de La Sauve-Majeure. Elle est construite sur le site de Saint -Crabary, puis reconstruite en dur. Trop éloignée de la ville, l’église perd au Xll° siècle son titre au profit de la toute nouvelle église Sainte Marie de Lavardac, contemporaine de la bastide. L’existence du castrum est mentionnée dans un texte de 1246. C’est une résidence fortifiée qui domine la vallée de la Baïse depuis un à-pic rocheux, au voisinage de l’actuelle place du château, créée à partir de 1 851. Le castum possédait, dans ses terrains calcaires veinés de silex, un point d’eau, indispensable à tout système fortifié, pris dans l’habitation du seigneur. Un auteur a évoqué les ruines d’un très vieux château dont subsistaient de vieux pans d’épaisses murailles. La dernière des tours carrées, assise sur le bord escarpé de la façade de la ville qui longeait la rivière, ruinée par le temps à sa base, s’écroula un jour, tout à coup. Les prisons auraient été installées dans une vieille tour. Dépendant du castrum, la chapelle castrale est dédiée à Saint Germain. Elle a aujourd’hui disparu. Il existait, au XIX°siècle, une rue Saint -Germain, à Lavardac. Un village se développe autour de la zone fortifiée : le bourg castrai.

Construction de la bastide de Lavardac

Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX, confisque le castrum. Il reprocherait aux comtes de Lavardac l’aide qu’ils auraient apportée aux hérétiques Cathares lors de la croisade des Albigeois. Alphonse de Poitiers décide la fondation d’une bastide. Ni la charte, ni les coutumes qui organisaient le quotidien des habitants de la ville n’ont été retrouvées. La bastide de Lavardac est construite en même temps que celle de Damazan. Les bastides dépeuplaient les autres seigneuries en attirant au milieu d’elles les hommes des terres des seigneurs voisins et particulièrement de celui de Xaintrailles. La date de sa fondation semble être 1256. Alphonse de Poitiers suit pour la bastide de Lavardac la même logique que celle qui a créé celle de Vianne. Il est le tenant du pouvoir comtal particulièrement dans le domaine financier. Les motifs stratégiques, face à la puissance anglaise, expliquent le développement des murailles qui protègent la nouvelle bastide. Les habitants du bourg castrai vont s’installer dans la bastide. Ils n’ont pas de place publique pour leurs activités commerciales et festives, ce qui est un problème pour la communauté des habitants. La place de foirail est hors les murs, et à la fin du Moyen-Âge, au quartier de Laprade, de l’autre côté de la Baïse. L’habitat s’organise : des îlots d’habitations se créent, avec des jardins, dans la cité. Pour découper les lots de terrain, on mesure 3,60 mètres en façade contre 14.40 mètres en profondeur, soit un rapport de 1 sur 4. Leur dessin est bien conservé actuellement surtout à l’Est de la ville. À l’angle Nord-Ouest, était édifiée la barbacane, soit une défense avancée. La Rue des Fossés se poursuit par la Rue Rectorerie. La limite Sud est ainsi dessinée. Au Nord, l’enceinte se prolonge vers la Baïse et vers les murs du castrum. Donc la bastide est protégée par ses murailles auxquelles il faut ajouter celles du castrum et les quatre portes fortifiées. L’on a pu repérer l’emplacement des portes : la porte Saint-Crabary était la porte Sud, alors que la porte Barbecanne désignait l’Ouest. La porte Naou était à l’Est de la ville. La porte au Nord permettait de protéger la descente vers la rivière. Les vestiges des murailles peuvent être actuellement retrouvés sous forme de murs, à l’intérieur de certaines habitations. L’Agenais est, par la suite, disputé entre les couronnes de France et d’Angleterre jusqu’aux guerres de Guyenne avant de basculer avec le duché d’Aquitaine dans le conflit de la Guerre de Cent Ans à partir de 1337.

La ville se développe.

Pendant ce temps, la ville se développe hors des remparts, tout en conservant partiellement le quadrillage de départ. La population augmente, organise les terroirs des campagnes environnantes. L’attraction de la rivière, et surtout des bénéfices, des revenus qu’elle procurait par la perception des diverses taxes (les péages des ponts, les revenus procurés par les moulins et les droits sur les pêcheries), a conditionné une implantation de préférence sur les rives des cours d’eau les plus importants et surtout la Baïse. L’existence de la Ténarèze ne fait aucun doute au Moyen-Age. Elle existait avant l’an mil. Après Barbaste, elle franchit la Gélise sur un pont bâti en pierres dès le XII° Siècle, puis la Baïse à Pont de Bordes. Entre les deux ponts, dans le confluent, la Ténarèze prend le nom de « chemin de traverse « Au-delà de Lavardac, elle suit la ligne de coteaux dominant la rive droite de la Baïse, puis redescend vers la vallée de la Garonne, et franchit enfin la Garonne, au gué de la Gardolle. Les vieux chemins repérés sur la rive gauche, confondus avec la Ténarèze, seraient en réalité, soit des itinéraires secondaires appelés « grands chemins » raccordés au réseau principal, soit une déviation tardive de ce réseau, à la suite du déplacement en aval, du gué sur la Garonne, installé alors à Thouars. Les seigneurs d’Albret avouent que la possession de péage est une de leurs principales ressources financières. Le péage de Barbaste est placé à l’un des carrefours routiers les plus importants de l’Aquitaine. En face des moulins à farine, à l’opposé de leur barrage de retenue, des payssières ou molinates ont été aménagées pour le passage des bateaux. À la fin du Moyen-Âge, durant le XIV°siècle, les gabarres emportent sur la Baïse, puis sur la Garonne, les vins, les blés, vers l’Angleterre. Le grand commerce se met en place. Les temps médiévaux évoluent, les mentalités changent. Nous avançons vers la Renaissance, ses châteaux, ses épouvantables Guerres de Religion et le règne de notre Henri de Navarre, devenu roi de France sous le titre d’Henri IV.

Mme Janine Sestacq remercie pour leur aide Mme Céline Piot, M. Alain Dautant, M. Alain Beschi.

Qu’est-ce qu’une bastide ?

Pour la construire, on a pris en compte sa situation sur les voies de commerce, sa situation stratégique. Souvent, la ville s’organise autour d’une place centrale, bordée de cornières. Les rues se coupent en angle droit. Les biens et les personnes sont protégés par des remparts. Qui gouverne la bastide ? Le pouvoir est partagé entre le seigneur et les représentants les plus fortunés de la ville, les consuls, les capitouls, les échevins dans le Nord de la France. Ce qui est précisé dans la Charte. Les coutumes précisent comment se répartissent les pouvoirs politiques. Elles gèrent les relations entre les personnes, s’occupent du fonctionnement de la justice, des amendes, du paiement des impôts... La classe sociale des serfs n’existe plus dans la bastide. « L’air de la ville rend libre. » comme l’on disait alors.

Dimanche, 01 Février 2009 11:55
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